VENISE (2023)

Récit-concert dansé - Tout public -
Création le  26/1/23, Théâtre Jean Lurçat, scène nationale d'Aubusson

C’est l’histoire d’une femme qui est amenée, sans trop l’avoir décidé, à danser sur ses propres chansons.

Chanter est pour elle un mouvement naturel, mais danser est une autre affaire. En répétition elle lutte et se débat avec ce corps qui a déjà plus de 40 ans, qui finalement lui a été fidèle tout ce temps, qu’elle a détesté tant de fois, malmené tant de fois, qui lui a donné des enfants, et dont elle a exigé tant et tant.

Elle se remémore son enfance, et se souvient de ce rapport au corps, décomplexé, androgyne, ce corps destiné à se mouvoir, à se donner du plaisir, non à séduire, non à «paraître femme». Que s’est-il passé depuis? Comment ce corps s’est transformé, et la femme avec? De quelle manière a joué le regard des autres sur ce corps, à commencer par son propre regard? De quelle manière ce corps de femme ne lui appartient plus tout à fait, ce corps politique, porteur d’enjeux sociétaux lourds, ce corps terrain de l’exercice du patriarcat, enjeu de contrôle de toute une société.

Ses deux partenaires de danse sont là pour l’aider à traverser cette histoire, ils la regardent, la portent, la malmènent aussi. Des films témoignent de cette évolution, films super8 de petite fille se mouvant avec liberté dans la mer, films d’adolescente complexée cherchant à disparaitre et la danse, après lui avoir rappelé les entraves, les obstacles de son corps, lui permet aussi d’aller vers une libération, une révélation.

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D’autres documents sont disponible dans l’espace pro (fiche technique, intégrale, outils de communication...).
Pour y accéder, veuillez écrire à lila.gaffiero@lavolige.fr, afin d’obtenir le mot de passe.

Écriture, conception et musique / Fanny Chériaux
Interprétation / Fanny Chériaux, Thomas Couppey, Eliakim
Sénégas-Lajus
Mise en scène / Fanny Chériaux, Nicolas Bonneau
Son / Gildas Gaboriau
Création lumière et costumes / en cours
Production de l’album / L’Hallali production
Direction de production et diffusion / Noémie Sage
Administration / Rosalie Laganne
Communication / Lila Gaffiero

Partenaires et soutiens : Théâtre Jean Lurçat, Scène nationale d’Aubusson (23) · Théâtre l’Aire Libre / CPPC, Saint-Jacques-de-la-Lande (35) • Théâtre des Sources, Fontenay-aux-Roses (92) · La Méca, OARA, Bordeaux (33) • Centre Culturel de la Ville Robert, Pordic (22), • Quai des rêves, Lamballe (22), • le CREA, Saint George de Didonne (17) • Cie Le Pas de l’Oiseau, Veynes (05)


La Volige est conventionnée par la DRAC Nouvelle-Aquitaine, la Région Nouvelle- Aquitaine et le Département des Deux-Sèvres.

Un récit -concert-dansé par Fanny Chériaux

Lorsque j’ai composé la chanson Venise, l’idée de retourner vers le concert de chansons était dans l’air. Ces dix dernières années, le théâtre m’a apporté énormément de choses que je souhaitais mettre au service d’un concert : l’envie d’un fil narratif, s’y tenir, construire du récit autour de mes chansons, puisque j’ai pu m’initier à l’art du récit au sein de la compagnie La Volige, et créer mon premier spectacle solo, Mes nuits avec Patti. Après au moins dix années de concerts, puis dix années de théâtre, la forme concert que j’ai tant pratiquée ne me semblait pouvoir être qu’enrichie par ces expériences.

Mais il y a une chose à laquelle je ne m’attendais pas :  la danse.

Août 2020. Après avoir été annulé en juin comme tant d’autres, le festival Traverse ! est reporté en août. Grâce au courage de l’équipe de La Volige, une version adaptée aux nouvelles normes sanitaires voit le jour.
Et tous les soirs, Les Transversales, moment convivial fait d’impromptus musicaux ou théâtraux, de jeux et de joutes verbales, ouvrent la soirée. Le premier soir, on s’organise très rapidement. Eliakim Sénégas-Lajus et Thomas Couppey, metteur en scène et comédien de la compagnie Le Théâtre au corps, me proposent de venir danser sur la chanson que je dois interpréter, Venise. Eliakim et Thomas sont présents toute la semaine. Ils doivent jouer leur création Happy mâle, spectacle mêlant danse et récit en fin de festival.

Quand le moment de cette chanson arrive, nous l’avons donc à peine préparé. Les gars se mettent à danser, je croise leurs regards, et l’émotion est là. C’est très étrange de se retrouver cueillie par l’émotion en interprétant sa propre chanson. Je l’avais chantée tout le mois de juillet, je la maîtrisais bien. Mais leur présence a tout renouvelé. Je ne réalise qu’en la chantant ce soir-là que les paroles parlent de danse, de danser encore sur cette planète dans un avenir qui m’inquiète. Leur présence fait tellement sens sur cette chanson, que nous allons le refaire presque tous les soirs de ce festival.

En fin de semaine, il devient évident que :
1) Ma prochaine création sera un concert.
2) Ce concert sera conduit par un récit.
3) Ce sera un concert dansé, avec Eliakim et Thomas.

Mais quel récit, dans ce spectacle? Et bien, en commençant les répétitions avec Eliakim et Thomas, il devint évident que le corps allait être central, le corps dans ses difficultés, ses bonheurs, ses peines, ses hontes, ses joies et ses plaisirs. Mon corps, mais celui des autres aussi, en particulier des autres femmes. Quels récits particuliers avons-nous sur notre corps? Quels stigmates, quelles cicatrices transporte-t-il?