Nicolas Bonneau, au cœur de la légende Ali à Kinshasa

Invité d’honneur de l’Institut français en République démocratique du Congo, le comédien deux- sévrien joue, jeudi, son “ Ali 74 ”, à Kinshasa sur les pas de la légende Mohamed Ali. Très émouvant.

par Sebastien Acker

 Au centre de l’équipe (avec sa chemise à carreaux), Nicolas Bonneau lors de la première d’« Ali 74 » à Lubumbashi, vendredi dernier, avant de jouer le spectacle à Kinshasa ce jeudi.  © Photo compagnie La Volige

Arrivé mardi 5 décembre en République démocratique du Congo où il séjourne jusqu’à mardi prochain, le comédien et metteur en scène deux-sévrien Nicolas Bonneau y présente son « Ali 74 », à deux pas du stade où s’est écrite la légende du « Combat du siècle » entre Mohamed Ali et George Foreman. Un spectacle comme le noble art finalement, en forme de métaphore sur la vie où le comédien du Haut Val de Sèvre boxe avec l’idée du héros, du modèle de courage.

Créé en 2013 pour sa compagnie La Volige établie sur les terres de son enfance, entre Sainte-Néomaye et Azay-le-Brûlé, « Ali 74 » a été joué 180 fois en France. Jeudi, ce sera donc son combat du siècle à lui, pour une date unique à Kinshasa.
Sous le regard… des services secrets« Je suis très excité, j’ai un peu peur de l’inconnue : on ne sait jamais comment est reçu un tel spectacle dans un contexte aussi tendu, ni ce que peut provoquer ce choc des cultures. On dit des choses sur la politique, comme le fait qu’il leur faudra un nouveau combat du siècle. Lorsque nous l’avons joué à Lubumbashi, on nous a signalé la présence des services secrets, ils devraient être là aussi jeudi à Kinshasa. Je suis surtout ému parce que la boucle est bouclée, cinq ans après être venu ici en création, pour visiter le stade, rencontrer des témoins du combat, des boxeurs, des journalistes sportifs. C’est un juste retour à tous ceux qui m’ont tant donné »,estime Nicolas Bonneau, joint hier dans son hôtel de Kinshasa… où logeaient Ali et Foreman en cette fameuse semaine d’automne 1974.
La légende de ce qui reste l’un des moments les plus mythiques de la boxe s’est écrite au soir du 30 octobre 1974, au cœur de ce que fut le Zaïre dans la toute puissance de Mobutu. Le « Combat du siècle », donc, finale des championnats du monde des lourds entre le tenant George Foreman et un Mohamed Ali sur le retour, très engagé contre la ségrégation. Le lieu, le contexte, les hommes, tout était réuni pour en faire un mythe, de l’intox de Foreman laissant attendre Ali sept éternelles minutes sur le ring avant le combat, jusqu’à cet éclair, cette fulgurance, la droite au menton qui expédia Foreman au tapis à la fin du 8e round.
« Je suis si rapide que je peux traverser un ouragan sans me mouiller », avait prévenu Ali avant « Le combat de la jungle ». Cette légende pugilistique campée dans « When we where kings », film de Leon Gast oscarisé en 1997, a happé Nicolas Bonneau quand il a découvert ce documentaire. Sa cinquième création était lancée. « Je suis très ému, ne sais pas à quoi m’attendre, mais cela me touche beaucoup »,ajoute l’artiste deux-sévrien qui, chaque été en Deux-Sèvres avec sa compagnie La Volige née en 2006, fait revivre un « café oublié » local.
Son spectacle né avec la complicité des musiciens Mikael Plunian, Mélanie Colin-Cremonesi et Fannytastic, il l’a joué la semaine dernière à Lubumbashi, devant 200 personnes. Ce jeudi, à Kinshasa, à dix minutes à peine en voiture du stade-poudrière « du 20-Mai » de la légende, plus de 600 personnes sont attendues, à 19 h, dans La Grande Halle de la Gombé de l’Institut français. Nicolas Bonneau en invité d’honneur, son spectacle est le bouquet final des « Rencontres de conteurs et griots », festival de l’Institut français de RDC.
Après une troisième date samedi à Brazzaville, l’équipe de La Volige reprendra ses « onze grosses valises » pour rentrer en France, mardi. En attendant, voici « Kinshasa, comme le far-west, pleine de vie, de violence, d’énergie, de bruit et de fureur. On sent qu’ici tout peut arriver, à chaque instant, comme sur un ring »,confie Nicolas Bonneau.
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