PRESSE // « Nicolas Bonneau, coquin de sort »
> La Nouvelle République > 22/04/2017

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Le comédien deux-sévrien est cette fois exclusivement metteur en scène : il peaufine “ Les Malédictions ” avec juste ce qu’il faut de ce regard du malin.

 En création du côté de la scène nationale niortaise depuis mardi, le metteur en scène et comédien deux-sévrien peaufine jusqu’à mardi prochain, au Moulin du Roc, « Les Malédictions ». Le public aura mardi un aperçu original de cette création de La Volige, compagnie établie à Sainte-Néomaye : la sortie de chantier prendra la forme d’un spectacle assorti d’une conférence citoyenne, en présence du metteur en scène et des deux comédiennes, bien sûr, mais également d’une jeune guérisseuse vendéenne, consultante sur le projet.
Alors, Nicolas Bonneau, envoûté ? « Disons que je voulais raconter une histoire dans le genre du quotidien fantastique, un peu à la Edgar Allan Poe. Je suis parti sur la sorcellerie parce que je voulais parler des rebouteux, guérisseurs, magnétiseurs, jeteurs et leveurs de sorts, en montrant que ce n’est pas forcément quelque chose du paysan inculte et arriéré mais qu’il y a derrière cela autre chose qui tient en chacun de nous. Cela existe, alors, je me suis demandé pourquoi cela a-t-il été en partie occulté par la religion et la science : dans la sorcellerie, les mécanismes de pensées de ceux qui se sentent injustement malheureux, passent par la parole, un peu comme une cure thérapeutique et cette parole, en tant que conteur, m’intéresse forcément », répond le comédien et metteur en scène de La Volige qui, cette fois, s’est consacré exclusivement à l’écriture et à la mise en scène.
En un an, le malin petit sorcier du Haut Val de Sèvre a déterré pas mal de cadavres. A commencer par les fameux travaux de l’ethnologue Jeanne Favret-Saada qui a raconté la sorcellerie en Mayenne, la terre laitière ô combien fertile en la matière. De ses résidences en Mayenne à son partenariat avec le musée de Bretagne à Rennes, Nicolas Bonneau a construit un spectacle entre théâtre de récit et d’objet qui met en scène deux comédiennes, l’une musicienne aussi, Fannytastic, l’autre marionnestiste de surcroît, Hélène Barreau, élevée aux bonnes vibrations de la prestigieuse école de Charleville-Mézières. La vidéo, la musique et les marionnettes à taille humaine prêteront vie à cette enquête sur le phénomène universel de la sorcellerie qui a traversé les âges.
La première sera pour la Mayenne, le 9 novembre prochain, une tournée de six dates suivra du 13 janvier aux 4 février, en Deux-Sèvres, à Thouars, Parthenay, Pamproux, Bressuire, Chef-Boutonne et bien entendu à Niort où la scène nationale soutient cette création.